1 000 personnes pour dire non au projet de loi liberticide sur la psychiatrie !

Samedi 30 avril 2011 à Paris, près de 1 000 personnes ont manifesté entre la Gare Montparnasse et la Place Saint-Michel pour dire non au projet de loi liberticide sur la psychiatrie.

Organisée par la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme, cette marche de protestation a créé un impact considérable dans la capitale.  Plus de 5 000 prospectus dénonçant les dangers de cette loi ont été distribués en une heure.


Le projet de loi réformant les internements psychiatriques sera examiné par le Sénat les 10 et 11 mai. Il a déjà été voté par l’Assemblée Nationale.

Menace les libertés et droits fondamentaux

Ce projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques sous contrainte, menace les libertés et droits fondamentaux des français. Il est contesté par de nombreuses associations de droits de l’homme.

Le CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) a récemment rendu un avis défavorable sur ce projet de loi. Il recommande une révision du projet pour veiller à ce que les droits de l’homme soient respectés.

Plus de 73 000 personnes sont hospitalisées sous contrainte chaque année en France et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Rappelons que selon la loi actuelle, l’accord de la famille est nécessaire pour procéder à une hospitalisation à la demande d’un tiers (HDT).

Avec cette loi, l’accord de la famille ne sera plus obligatoire. Un seul psychiatre pourra interner sous contrainte n’importe quel citoyen français.

Ce projet facilite considérablement l’internement psychiatrique.

Il instaure des soins psychiatriques sous contrainte en ambulatoire (à domicile). C’est à dire que selon le bon vouloir du psychiatre, une personne pourra être forcée à domicile de prendre des drogues psychiatriques ayant des effets secondaires dévastateurs (idées suicidaires, accès de violence etc.).

La plupart des grands criminels étaient sous l’emprise de ces « traitements ». Prenons par exemple le violeur récidiviste de Toulouse. Ce violeur faisait l’objet d’une obligation de soins psychiatriques. Le 15 avril, jour même où il consulte son psychiatre, il enlève et viole une fillette de 5 ans.

Un fait encore plus récent : l’étudiant s’étant donné la mort à l’université Paris-Dauphine, hier, était sous l’emprise d’anxiolytiques.

La France est connue pour être un des pays les plus grands consommateurs de médicaments psychiatriques au monde.

Qu’adviendra t-il de la France si une telle loi est votée ?

Nous pouvons estimer que 200 000 Français se retrouverons soit enfermés dans un hôpital psychiatrique, soit maintenus sous camisole chimique à leur domicile.

En plus de faciliter considérablement l’internement en psychiatrie, ce projet de loi diminue le contrôle des autorités.

En effet, selon la loi actuelle, les établissements psychiatriques doivent être visités sans publicité préalable 2 fois par an par le Préfet, le Président du TGI, et au moins 4 fois par an par le Procureur de la République pour veiller à ce que la loi et les droits des patients soient respectés.

Avec cette nouvelle loi, une seule visite sera nécessaire pour chacune de ces autorités.

Il est inacceptable de diminuer le contrôle sur la psychiatrie alors que les psychiatres auront beaucoup plus de pouvoirs.

La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme, association luttant pour le respect des droits de l’homme en psychiatrie depuis plus de 35 ans en France, demande le retrait de ce projet de loi. Une pétition contre ce projet peut être signée sur le site : www.ccdh.fr

Plus plus de renseignements, vous pouvez contacter la Présidente de la CCDH, Mylène Escudier, au 01 40 01 09 70 ou au 06 67 56 88 04.

Voir la manifestation contre le projet de loi en 2010